La prison, une véritable ruche

« Prison: entreprise d'insertion ? Travail et activités en détention » était le thème retenu des 18 èmes journées nationales prison du groupement national de concertation prison afin d’échanger sur un certain nombre de préoccupations communes autour de l’univers carcéral. A l’échelon local, une réunion du groupement départemental de concertation prison 86 débattait à vivonne, sur le travail, la formation et l'insertion « quelles possibilités pour les personnes détenues, quels obstacles à la sortie ? ». A ce débat animés par Thomas Guérard, vice-président de AIRE et animateur de GCDP 86 et Bruno Genet, aumônier catholique au centre pénitentiaire, participait le maire conseiller général de Vivonne Maurice Ramblière. Parmi les interventions successives, Claude Ramir, directeur du centre pénitentiaire de Poitiers Vivonne informait de l’ouverture en juin 2012, à l’ancienne maison d’arrêt de la Pierre Levée, d’un quartier de 57 places pour les personnes détenues en peines aménagées ou en semi-liberté. Puis avec son adjoint, Julien Jouny, présentait les nombreux intervenants soit de l’administration, des entreprises ou des associations qui interviennent au centre pénitentiaire et les activités qui y sont proposées.
A ce titre, il faut savoir que la prison permet l’insertion par un contact avec le monde du travail pour des personnes qui en étaient quelquefois éloignées, par la formation initiale ou professionnelle. Le travail n’y est pas obligatoire, il est assorti d’une rémunération mais le droit du travail ne s’y applique pas. Deux types de travaux sont proposés : dans les services généraux (coursives, cuisine, espaces extérieurs) ou en atelier. Depuis l’ouverture du centre en octobre 2009, le montant total des salaires versés aux personnes détenues est de 825.000 Euros. Alain Bouteneigre, responsable de site du GEPSA,détaillait les actions de formations  professionnelles dispensées dans des ateliers pédagogiques et définies en tenant compte de la demande du bassin d’emplois. Ces formations sont sanctionnées par des titres professionnels. Cette année 30.000 heures de formation ont été dispensées. 40 candidats seront présentés aux jurys en vue de l’obtention d’un titre qui ne mentionne évidemment pas le lieu de la formation. En complément, 5.000 heures de formation non qualifiantes, sous forme de plateformes de mobilisation, préparent à la recherche d’emploi, à la rédaction du CV ou à l’entretien d’embauche.
A l’atelier, le travail est apporté par des donneurs d’ordre de la grande région Poitou-Charentes et Limousin après une action commerciale du GEPSA. Les tâches confiées portent essentiellement sur la finition d’ouvrages en cartonnerie ou imprimerie. En moyenne, 75 personnes détenues travaillent en atelier.
Dans le débat qui suivit, chacun insista sur le rôle important de la formation et du travail pour l’équilibre de la personne détenue et sa possibilité d’insertion à la sortie. Virginie Maurane, responsable de l’antenne du SPIP de Vivonne soulignait le rôle de Pôle emploi et des missions locales d’insertion dans la préparation de la sortie et la recherche d’un emploi et insistait sur l’offre en matière d’activités socioculturelles ou sportives y compris hors des murs (VTT ou randonnées). Jean Abbad, président de la délégation départemental de la croix rouge, présentait le club d’entreprises partenaires et le rôle qu’il peut avoir dans l’insertion des personnes détenues. Les représentantes du CHRS CARREFOUR n’avaient par contre pas une vision aussi idyllique de la sortie car se sont les plus démunis des démunis qu’elles y accueillent. Enfin, les étudiants du GENEPI donnaient matière de leur intervention auprès des personnes détenues dans une démarche de rencontre et de circulation des savoirs.
B. Dejean


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